Causes , classification et effets insidieux de la cécité

II.1 LES CAUSES DE LA CÉCITÉ
Bien des causes de cécité sont évitables, c’est-à-dire qu’elles peuvent être prévenues. Les causes principales de cécité et de basse vision sont la cataracte, le trachome, le glaucome, l’onchocercose et la xérophtalmie.
Cependant, les données trop peu nombreuses concernant les autres causes de la cécité, comme la rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire due à l’âge, interdisent toute estimation spécifique de leur prévalence à l’échelle mondiale.
La prévalence par âge des principales causes de cécité, indique que la tendance va aller en augmentant dans les décennies à venir; à moins que des efforts soutenus ne soient réalisés pour endiguer ces problèmes.
Le nombre d’aveugles sur la planète n’est pas connu avec précision, bien qu’il ait été évalué à plusieurs reprises par l’OMS.
Aujourd’hui, on estime la population mondiale d’aveugles à 38 millions de personnes. De plus, 110 millions souffrent de déficience visuelle et courent un grand risque de perdre la vue (Bulletin de l’Organisation Mondiale de la Santé 2019).
Les enfants ne représentent que 3 % des aveugles dans le monde. Toutefois, ces enfants ont toute une vie de cécité devant eux. Pour cette raison, si l’on considère le nombre prévisible «d’années vécues en étant aveugle » qui résultent d’une affection, la cécité infantile est classée en deuxième position, juste derrière la cataracte. La lutte contre la cécité chez l’enfant est une priorité.
Toutefois, les causes de la cécité infantile étant différentes de celles de la cécité chez l’adulte, cette lutte requiert des stratégies, du personnel, une infrastructure et des équipements différents.

En définitive, L’anomalie responsable de la cécité peut siéger au niveau de l’œil, du nerf optique et du cerveau.

II.2 CLASSIFICATION DE LA CÉCITÉ

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) utilise deux méthodes pour classer la cécité et la basse vision.

II.2.a Classification descriptive
Elle fait référence à la localisation anatomique la plus gravement affectée. Les catégories utilisées sont les suivantes :
• Globe oculaire entier (par exemple anophtalmie, microphtalmie)
• Cornée (par exemple taies cornéennes, kératocône)
• Cristallin (par exemple cataracte, aphaquie)
• Uvée (par exemple aniridie)
• Rétine (par exemple dystrophies rétiniennes)
• Nerf optique (par exemple atrophie, glaucome)
• Affections où l’ œil apparaît normal (par exemple amétropies, cécité corticale, amblyopie).

II.2.b Classification étiologique
Elle classe la cécité en fonction de la cause sous-jacente.
• Héréditaire (au moment de la conception, par exemple maladies génétiques, anomalies chromosomiques)
• Intra-utérine (durant la grossesse, par exemple cécité due à la rubéole ou à la thalidomide)
• Périnatale (par exemple rétinopathie des prématurés, accidents à la naissance, conjonctivite néonatale / ophtalmie des nouveau-nés)
• Enfance (par exemple carence en vitamine A, rougeole, traumatisme)
• Cause inconnue ou indéterminée (par exemple
anomalies congénitales).
III. LES EFFETS INSIDIEUX DE LA CÉCITÉ

La présentation des effets insidieux de la cécité sur l’individu, se fait à travers une comparaison des stades de développement d’un individu qui ne voit pas et ceux d’un individu qui voit.
Pour un nouveau-né aveugle, la plus grande partie du monde qui l’entoure lui est inaccessible.
L’enfant aveugle ne peut voir une mouche, un oiseau qui vole, le feu qui crépite dans la cheminée, le ciel, la lune, les paysages, les maisons…
Pour la personne atteinte de cécité, les très grands objets, les objets dangereux, les objets en mouvement, les scènes, les paysages et les dessins ne sont pas à portée des sens qui lui restent (toucher, ouïe).
Le petit aveugle ignore tout des expressions faciales, des mimiques, des attitudes, des gestes des gens qui l’entourent.
Il ne peut se référer à ce genre d’indices pour imiter les grands ou modifier sa conduite.
Il ne peut savoir si son comportement est accueilli par un sourire ou un froncement de sourcils.
Avant la marche, l’espace de l’enfant aveugle se réduit à ce qu’il peut atteindre avec les mains, les pieds, la tête et à ce qu’il peut entendre.
Quand il commence à se déplacer, ses relations avec l’espace environnant dépendent du comportement de son entourage.
Des parents inquiets, ne sachant que faire ou craignant un accident, maintiennent l’enfant aveugle attaché sur un siège ou couché dans son lit jusqu’à un âge avancé.
Ce maintien de l’enfant dans un environnement spatial déjà trop limité, ne peut avoir que des conséquences fâcheuses sur son développement psychomoteur, sa musculature et plus tard sur ses capacités de déplacement autonome.
Pour l’adolescent et l’adulte aveugle, l’inaccessibilité de la gestualité des autres, aboutit assez souvent à des malentendus et parfois à des difficultés dans la communication.
Ces problèmes sont accentués quand la personne atteinte de cécité est confronté à un groupe de personnes.
Si les aveugles ne sont pas préparés à de telles situations, s’ils ne savent pas comment ils “fonctionnent ” et comment “fonctionnent” les autres, ils peuvent être confrontés à de réels problèmes de communication qui pourraient secondairement retentir sur leur personnalité.
Les enfants aveugles nés présentent, cependant, un développement cognitif comportant les mêmes stades que les enfants voyants, mais ce développement est plus lent Gottesman, (1973).
Ce défaut d’accès à l’information visuelle peut aboutir à des déficits plus ou moins graves dans la fonction de représentation et à un retard du développement cognitif de l’enfant Hatwell, (1966).
Le défaut d’apprentissage incident, l’expérimentation limitée, l’exploration active limitée, expliquent ce retard de l’aveugle.

Comment suppléer à cette déficience visuelle?
Les stimulations auditives (voix et bruit), les stimulations tactiles immédiatement proches, les stimulations olfactives et gustatives sont utilisées chez l’aveugle.
En plus des sens qui restent à l’aveugle pour s’adapter à son environnement, une parole apaisante, un soupir, un grognement, une intonation plus marquée, une main qui le repousse ou l’attire peuvent orienter son comportement.
Pour Kephart, il est nécessaire de placer l’enfant déficient visuel face à une très grande variété d’expériences, pour qu’il puisse “s’équiper d’un cadre de référence qui lui soit propre”.
L’expérience étayée de toutes les modalités sensorielles est nécessaire à une bonne conceptualisation.
Aussi est-t-il important que l’enfant ait des explications pour tout ce qu’il entend et pour tout ce qu’il sent tactilement (Kehpart et Schwartz 1974).

L’analyse différentielle des caractéristiques des perceptions visuelle et tactile permet de comprendre l’avantage des aveugles tardifs sur les aveugles-nés dans la reconnaissance des formes. Cette reconnaissance est facilitée par une expérience visuelle précoce et contribue à améliorer les capacités d’organisation spatiale.
Pour Bailes (1986), les aveugles tardifs ont acquis la capacité d’encoder les informations successives obtenues de façon tactilo- kinesthésique, sous forme de “représentation visuelle globale” tandis que les aveugles congénitaux utiliseraient un système de codage basé sur le traitement “d’inputs successifs”.


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