ATELIER DE FORMATION SUR LES PERSONNES A MOBILITE REDUITE DES MEMBRES DE L’ONG ORAMB2001

I. TERMES DE REFERENCE DE L’ATELIER DE FORMATION SUR LES PERSONNES A MOBILITE REDUITE DES MEMBRES DE L’ONG ORAMB2001

CONTEXTE
Se déplacer étant une condition essentielle de la vie, une sorte de droit à la mobilité est en train d’émerger pour une bonne partie de la population qui est confrontée à des difficultés de déplacement; Il s’agit notamment des personnes souffrantes de cécité.
La perte de vision entraînant en effet la réduction de la mobilité de la personne atteinte de cécité, les moyens pour la mobilité autonome des déficients visuels, connaissent un développement ; il s’agit des outils et techniques de suppléance classiques et des outils et techniques de suppléance basés sur les nouvelles technologies.
Cependant, ce premier niveau de formation des membres de L’ONG ORAMB2001, portera sur les techniques et outils classiques de la locomotion de l’aveugle.

OBJECTIF GENERAL
Apprendre aux participants les techniques de la locomotion de l’aveugle en vue du déplacement autonome de l’aveugle.

OBJECTIFS SPECIFIQUES
Enseigner aux participants les aptitudes indispensables à la locomotion de l’aveugle.
Apprendre aux participants les techniques de la locomotion de l’aveugle
Convier les participants à utiliser les techniques de la locomotion dans leurs déplacements.
DATE : lundi 19 décembre au jeudi 22 décembre 2011
DUREE : 18 heures, à raison de 06 heures par jour pendant 3 jours
LIEU : Bouaké
NOMBRE DE PARTICIPANTS : 12 personnes (le formateur son assistant et 10 bénéficiaires)

CONTENU DE L’ATELIER
Session 1 : Réorganisez les capacités des participants, leurs ressources personnelles, l’aide de l’entourage.
Session 2 : Permettre aux participants de s’approprier les techniques de la locomotion de l’aveugle
Session 3 : Sortir, sortir de chez soi, sortir dans son jardin, Sortir dans son quartier, utiliser les transports

II. SESSION 1

Réorganisez les capacités des participants, leurs ressources personnelles, l’aide de l’entourage.
OBJECTIF A TERME : Enseigner aux participants les aptitudes indispensables à la locomotion de l’aveugle.
Depuis plusieurs années, le terme « Personnes à Mobilité Réduite » (PMR) a été adopté pour englober les personnes handicapées et les personnes « en situation de handicap », c’est-à-dire gênées du fait de l’environnement de leurs déplacements.

Nous utilisons le terme générique « Personnes à Mobilité Réduite » (PMR) en nous référant à la position que le Parlement européen a prise en date du 14 février 2001 :
«  Toutes les personnes ayant des difficultés pour se déplacer, telles que, par exemple, personnes handicapées (y compris les personnes souffrant de handicaps sensoriels et intellectuels et les passagers en fauteuil roulant), personnes handicapées des membres, personnes de petite taille, personnes transportant des bagages lourds, personnes âgées, femmes enceintes, personnes ayant un caddie et parents avec enfants (y compris enfants en poussette) ».
Cette définition est strictement identique à celle utilisée au niveau international, notamment de la Commission Economique pour l’Europe des Nations Unies.
Conformément aux dispositions de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, et aux textes pris pour son application, l’ensemble de la chaine des déplacements devra être accessible à l’ensemble des personnes handicapées au 01 janvier 2015. Cela entend que la voirie, les transports, les logements et les établissements recevant du public sont concernés.
PRINCIPE : Pour participer pleinement à la vie de la cité, tous les piétons – y compris ceux à mobilité réduite doivent pouvoir circuler librement sur l’ensemble des voies desservant les logements, les lieux de travail, les infrastructures de transport, les commerces….
L’accessibilité est une obligation nationale depuis la loi n° 75.534 du 30 juin 1975. Elle doit être prise en compte dans la conception des projets d’aménagement et constituer un souci permanent. L’accessibilité aux personnes handicapées est la possibilité pour les personnes handicapées d’accéder à un lieu physique ou à des informations.

En France, depuis 2006, les pouvoirs publics ont donné une définition à l’accessibilité : « L’accessibilité permet l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap, en réduisant, voire supprimant, les discordances entre les capacités, les besoins et les souhaits d’une part, et les différentes composantes physiques, organisationnelles et culturelles de leur environnement d’autre part. L’accessibilité requiert la mise en œuvre des éléments complémentaires, nécessaires à toute personne en incapacité permanente ou temporaire pour se déplacer et accéder librement et en sécurité au cadre de vie ainsi qu’à tous les lieux, services, produits et activités. La société, en s’inscrivant dans cette démarche d’accessibilité, fait progresser également la qualité de vie de tous ses membres».

REORGANISEZ LES CAPACITES DES PARTICIPANTS, LEURS RESSOURCES PERSONNELLES

LES EFFETS INSIDIEUX DE LA CECITE SUR LA LOCOMOTION
Dès l’instant où l’enfant aveugle est né ou dès l’instant où le voyant perd la vue, des influences psychologiques, physiques et physiologiques issues de l’individu ou de son entourage, commencent à façonner sa locomotion.
Du fait d’une acuité visuelle réduite ou inexistante, les difficultés rencontrées sont :
Chez l’aveugle, le pied est lancé et le sol tâté par avance avant de lui appliquer aucun poids ; c’est ce qu’on appelle les « effets néfastes du pied chercheur ». D’autre part, le pied ne joue pas son rôle de levier car s’il n’est pas traîné, il est souvent posé à plat, ce qui entraîne un ploiement exagéré des genoux (Martinez 1984)
Insuffisance ou impossibilité de l’exploration de l’espace 
Insuffisance ou impossibilité de reconnaissance de lieux et de personnes 
Problèmes d’orientation et de représentation mentale
 Difficultés d’appréciation des distances, du relief et des contrastes
 Photophobie
Difficulté de faire la différence entre le jour et la nuit
Difficulté de se déplacer en l’absence des repères sonores ou tactiles et des reliefs au sol sur les passages pour piétions, des aménagements spéciaux dans les endroits publics etc.
Ne pas savoir quels obstacles (objets ou humains) se trouveront sur le chemin de ses mouvements et que cela suscite en lui une peur « bleue ».

LES CONDITIONS PREMIERES DE MOBILITE
La mobilité de l’aveugle est conditionnée par :
Une assez bonne perception de l’environnement par les autres sens ;
une aptitude à la marche c’est-à-dire, pas de problèmes aigus de santé, une bonne oreille interne (équilibre de la marche normale), pas de tendance aux tendinites (port de la canne);
Une bonne concentration
Une bonne mémoire du trajet déjà effectué
Une volonté d’autonomie : ne pas avoir recours à un accompagnant et demander son chemin le moins souvent possible.

Toutes ces conditions ne sont pas rassemblées chez tous les aveugles ce qui explique en partie que moins de 10% des non-voyants se déplacent de manière autonome avec la canne ou le chien guide.

LES FACULTES DE SUPPLEANCE VISUELLE
La vue occupant une place centrale dans les activités, sa perte contraint l’individu à utiliser les autres facultés pour s’adapter à son environnement.
Il est connu que les personnes aveugles bénéficient de facultés cognitives et sensorielles hyper développées pour compenser l’absence de vision.
Les non-voyants réorganisent leur cortex visuel pour développer leurs capacités sensorielles ; leur cerveau réutilise la région normalement dévolue aux capacités visuelles pour développer davantage leurs aptitudes auditives, olfactives et tactiles et analyser plus finement les informations non-visuelles qu’ils perçoivent, via le toucher, l’audition et/ou l’odorat. Le cortex visuel développe en fait des “modules” spécialisés dans des traitements bien précis comme le mouvement, la forme ou la localisation spatiale. De plus, il a été établi que, au repos, l’activité cérébrale d’un non-voyant est supérieure à celle d’une personne voyante, au niveau du cortex visuel.
Les cerveaux de 24 volontaires (12 personnes aveugles de naissance et 12 voyants) ont été comparés pour une recherche qui a été menée pendant quatre années par l’Université de Georgetown (Etats-Unis) et l’Université d’Helsinki (Finlande).

LES FACULTES COGNITIVES
L’INTELLIGENCE
« La cécité n’entame pas l’intelligence, elle la laisse intacte, l’intelligence de l’aveugle est égale à celle du voyant ne diffère pas en nature ; elle ne se distingue pas par des caractères particuliers qui justifieraient une psychologie distincte. Si la cécité favorise telle ou telle tendance, elle ne la fait ni d’une manière fatale ni d’une manière uniforme. L’expérience prouve qu’il n’y a pas de caractère psychologique qui soit nécessairement causé par la cécité, parce qu’il n’y en a pas qui se retrouve chez tous les aveugles, il n’y en a pas non plus qui soit l’apanage des aveugles. Le trait le plus caractéristique peut-être de l’intelligence de l’aveugle, c’est le rôle considérable que joue l’afférence : le champ de ses sensations étant extrêmement restreint, il lui faut souvent deviner, plus exactement conclure là où les autres perçoivent.» (VILLEY P., 1970)
Pour Villey, la cécité n’affecte pas l’intelligence de l’aveugle sain, parce qu’elle est une potentialité innée. En tant que telle, elle est identique chez le voyant et chez l’aveugle. L’intelligence de l’aveugle ne présente pas de traits spécifiques qui fonderaient une psychologie particulière. Si l’absence de vision entraîne quelques différences au niveau intellectuel, ces différences ne sont ni irréversibles ni le fait d’une catégorie d’aveugles.
L’attitude qui pourrait être qualifiée de spécifique à l’intelligence de l’aveugle est que, les facultés dont dispose l’aveugle étant limitées, il est souvent amené à « deviner » plus exactement « conclure là où les autres perçoivent. 

LES IMAGES MENTALES
Les images mentales sont des formes de représentation construites à partir des informations, des événements et des expériences que le sujet tire du monde environnant.
Les différentes modalités sensorielles sont engagées dans la formation et la production des concepts. « Que l’aveugle ait dans le psychisme des images mentales, que celles-ci puissent être construites par voies synthétiques à partir de données analytiques recueillies par le toucher alors que les images visuelles sont globales d’amblées ou presque, voilà ce qui ne saurait plus désormais être remis en question. Qu’il leur manque la couleur, qu’elles soient moins riches que les images visuelles, que malgré cela elle puisse servir à la pensée et à l’action, cela est évidemment certain ; mais qu’il n’y ait pas une différence de nature entre la représentation spatiale visuelle et la représentation spatiale tactile, cela est moins sûre » (VILLEY 1970).
Contrairement à l’image spatiale du voyant qui s’appréhende de manière globale ou presque, celle de l’aveugle se réalise de façon fragmentaire et progressive à partir du toucher. L’image mentale de l’aveugle, bien que manquant de couleur, peut lui permettre de réfléchir et d’agir. En outre, la représentation mentale tactile et la représentation mentale visuelle ne sont pas équivalentes.

LA MEMOIRE TACTILE
La mémoire tactile est le siège des activités mnésiques tactiles. Elle permet à l’aveugle de fixer dans son psychisme les données des expériences recueillies à partir du toucher, de connaître les choses avec lesquelles il a été antérieurement en contact.

LA MEMOIRE ECHOÏQUE
C’est le siège des activités mnésiques auditives. Elle permet à l’aveugle de fixer dans son psychisme les données des expériences auditives.

LA MEMOIRE MUSCULAIRE OU KINESTHESIQUE
Siège des activités mnésiques musculaires, la mémoire musculaire occupe une place centrale dans la locomotion de l’aveugle.

LES FACULTES SENSORIELLES

LE TOUCHER
La main offre la singularité par rapport aux autres organes des sens de réunir dans un même organe les pouvoirs d’information et d’exécution : elle est un merveilleux appareil de perception sensorielle fine et de préhension solide et délicate. Elle joue aussi un rôle important dans la somatognosie, c’est-à-dire dans la connaissance des autres parties du corps : visage, pieds, organes génitaux.
Le toucher, agréable ou désagréable, permet de reconnaître, même les yeux fermés, la forme et l’état d’un objet : la surface lisse et froide du marbre, la chaleur et le poil d’un chien, la soie, la laine, la fourrure, la plume…
Alors même que nous sommes dans l’obscurité et le silence, la main se porte en avant, explore et nous informe sur notre environnement favorable ou hostile.
Le sens du toucher est concentré dans la main ; toucher signifie en effet prendre contact avec quelqu’un ou quelques chose par mouvement ; or seule la main se déplace. Plus spécifiquement, le toucher est le substitut de la vue chez l’aveugle et dans une certaine mesure chez l’amblyope. C’est l’un des sens par lesquels les personnes atteintes de cécité établissent des rapports spatiaux.
La perception tactile s’élabore à partir d’informations successives et fragmentées. Pour explorer l’espace avec les mains, l’aveugle utilise des stratégies de palpation, mais la perception tactile qui en découle est une réorganisation des sensations fragmentées dans l’espace et successives dans le temps. Aussi, il est nécessaire, pour l’aveugle, d’adapter et d’affiner ce système perceptif et d’améliorer ses stratégies de palpation.
Si la vision donne une perception globale d’un objet, la perception tactilo-kinesthésique ne permet pas toujours d’aboutir à une perception globale, même après avoir rassemblé toutes les sensations tactiles. Il en est ainsi pour les objets très volumineux ou hors de portée, pour les paysages…
Pour Gibson, les deux perceptions, visuelle et tactilo-kinesthésique, sont des constructions dont la différence majeure se situe sur le plan temporel. En effet cette “construction” est beaucoup plus rapide pour la vision, si bien que le processus d’assemblage semble être simultané, alors qu’il est par opposition séquentiel et très ralenti dans la perception haptique (tactilo-kinesthésique). Aussi cette forme de perception nécessite-t-elle un effort de traitement plus élaboré et plus soutenu et est-elle moins efficace dans le traitement de l’information spatiale et dans les tâches impliquant une reconnaissance de configuration.
L’OUÏE
L’ouïe est le sens de relation sociale de l’aveugle.
Selon Aristote, il est parmi toutes les facultés, la plus importante pour l’intelligence. C’est aussi un sens qui permet à l’aveugle d’établir des rapports spatiaux.
L’ODORAT
Les déficients visuels en font un usage singulier pour distinguer certains éléments de leur environnement. Au début, l’aveugle doit porter une grande attention à ce qu’il hume pour évaluer ce qui se passe dans un lieu.

Les facultés présentées plus haut, sont les plus utilisées par les déficients visuels. Leur bon usage exige certaines conditions.

L’AIDE DE L’ENTOURAGE
ÉDUQUER L’ENTOURAGE DE L’AVEUGLE
Ceux qui vivent avec l’aveugle, qui viennent lui rendre visite, doivent respecter son espace. Aussi, éduquez son entourage à cette nouvelle organisation de son espace à vivre est fondamental.
L’aveugle doit également apprendre à ses familiers à être précis dans leur parole : ne plus dire « ainsi » « là » et « ici » mais à ta gauche, à ta droite, derrière toi. De même dans leurs actions ou leurs déplacements, qu’ils s’imposent une discipline ; remettre chaque chose à sa place.
La perte de vision oblige l’aveugle à organiser mentalement ce qui l’entoure ; il doit se rappelez où se situe chaque chose. C’est là où le respect à son égard intervient. Chaque objet, chaque élément du quotidien devra toujours être remis à l’endroit où il l’a décidé dans son organisation. Ce qui n’est pas toujours chose aisée lorsque de charmants bambins par exemple font leur apparition dans le quotidien structuré et organisé d’un déficient visuel.
COMMENT GUIDER UN AVEUGLE
Il arrive que vous soyez dans le même autobus qu’un handicapé visuel et que vous descendez au même arrêt. Vous pouvez aussi rencontrer un aveugle dans la rue qui n’avance que lentement à cause de la circulation, à cause de nombreux obstacles sur le trottoir ou simplement parce qu’il ne connaît pas l’endroit. N’hésitez jamais à lui offrir votre aide ; ce qui ne veut naturellement pas dire qu’il faut la lui imposer.
Dites par exemple, je vais à la gare, voulez-vous faire un bout de chemin avec moi ?
Dans l’affirmative, offrez votre bras et continuez ensemble. Si votre offre aimable est refusée, ne soyez pas irrités. Il y a des aveugles qui préfèrent l’indépendance à une aide qui leur faciliterait les choses.
Présentez toujours vous-même votre bras Ne prenez donc jamais l’aveugle par le bras pour le pousser devant vous. Il est difficile de guider un aveugle de cette façon et cela lui donne un sentiment d’insécurité.
Pour franchir une porte ou un passage étroit, le guide passe toujours le premier ; il pousse légèrement l’aveugle en arrière avec le bras qu’il lui donne, jusqu’a ce qu’il se trouve partiellement ou complètement derrière le guide.

UTILISATION DES MOTS LA, LA-BAS
Ne dites jamais, il y a une chaise là ou une table là-bas, ou là-bas, il y a un vélo contre le mur, en montrant la direction du doigt. Ces indications sont basées sur la vue et elles n’ont aucune valeur pour les aveugles. Dites plutôt, il y a une chaise devant vous, ou il y a une petite table à mettre derrière vous, à gauche, il y a un vélo contre le mur.
En le servant à table, vous pouvez dire, votre verre est à gauche, devant vous ou il y a un cendriez près de votre main droite ; vous pouvez également donner un léger coup sur l’objet en question afin que l’aveugle puisse le repérer d’après le son. Si vous lui donnez le verre en main, dites lui où il peut le déposer, il y a une table basse à gauche de votre fauteuil.

TROTTOIRS ET ESCALIERS, COMMENT MONTRER UN SIEGE ?
En montant sur un trottoir ou en descendant de celui-ci, il suffit de dire, montez ou descendez. Si vous avez l’habitude de sortir ensemble il suffit parfois de donner un signal convenu, par exemple, de presser le bras ou la main. Il n’est pas nécessaire d’arrêter l’aveugle pour lui faire sentir le bord du trottoir avec sa canne blanche. Si vous montez ou descendez l’escalier avec l’aveugle, dites lui simplement, attention, nous montons un escalier, ou nous descendons et vous montez ou descendez en lui donnant le bras. Vous pouvez aussi demander à l’aveugle, s’il préfère se tenir à la rampe ; dans ce cas, vous mettez sa main simplement sur la rampe ou vous dites, la rampe est à votre droite, ou à votre gauche. En tout cas, vous l’avertissez au bout de l’allée et au début de la volée suivante. Si vous ne l’accompagnez pas, vous lui montrez la rampe. Il n’est absolument pas nécessaire de compter d’abord les marches pour pouvoir le lui dire. Si l’aveugle est seul, il sentira la fin de l’escalier avec sa canne. Si vous l’accompagnez, ne perdez pas le temps à faire de l’arithmétique mais annoncez lui seulement la dernière marche.
S’il y a le choix entre un escalier roulant et un escalier ordinaire, la décision est toujours laissée à l’aveugle. En tout cas, l’aveugle doit toujours être averti clairement lorsqu’il s’agit d’un escalier roulant.

UTILISATION DES MOYENS DE TRANSPORT
L’aide offerte est souvent si empressée et fournie partant de volontaires à la fois, que l’aveugle est plutôt hissé dans la voiture, au lieu qu’on lui laisse le moyen d’y monter normalement.
En descendant, le handicapé est tenu si fermement par derrière, et par devant, qu’il parvient à peine à descendre la marche. Même avec les meilleures intentions, tout ceci est vraiment superflu. Il suffit que voue le conduisiez à la portière de la voiture et que vous lui montriez la main courante en posant sa main dessus ; quand jambe, il en a lui-même, il peut donc monter normalement sans être hissé comme un ballot.
Pour descendre, montrez également la poignée et laissez-le l’agir indépendamment.
Si vous montez ou descendez ensemble, le guide passe toujours le premier, montre la poignée ou donne la main. Il peut également dire si la marche est haute ou basse. On peut placer la main de l’aveugle sur le dossier de la portière ; avec l’autre main, il sentira la hauteur du toit et la place du fauteuil.

III. SESSION 2

Permettre aux participants de s’approprier les
techniques de la locomotion de l’aveugle.

OBJECTIF A TERME : Apprendre aux participants les techniques de la locomotion de l’aveugle
La locomotion est la capacité de se rendre d’un lieu à un autre, en sachant que ce déplacement est essentiellement visuel pour tout un chacun.
Comment ce déplacement peut-il se faire de façon efficace et en toute sécurité pour les aveugles?

PRESENTATION DU JARDIN DE LA LOCOMOTION

Le jardin de la locomotion est le parcours de locomotion qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes qui le souhaitent d’apprendre les techniques d’orientation et de locomotion à la longue canne blanche dans un environnement réaliste mais sécurisant.

Parcours de locomotion (© Pol Magis)
AVANT L’INTRODUCTION DE LA CANNE DANS LA LOCOMOTION
Avant d’introduire la canne blanche dans la locomotion de l’aveugle, les dispositions à prendre sont les suivantes :
La compensation et le développement des capacités sensorielles et cognitives (mémoire, représentation mentale de l’espace, concentration, raisonnement ….)
L’apprentissage des techniques de protection (protection manuelle…)
Le développement des stratégies d’orientation
L’utilisation et le développement de la vision fonctionnelle pour les personnes malvoyantes
LA LOCOMOTION AVEC LA CANNE BLANCHE
La canne, avec laquelle l’aveugle balaye le sol devant ses pieds, est essentielle pour les déplacements. Elle permet de détecter, un peu avant que l’aveugle n’arrive dessus, les irrégularités du sol : bordure de trottoir, escalier, trou et bosse, ce que ne peut faire aussi simplement aucun autre appareil. De plus, elle signale l’aveugle aux voyants afin qu’ils lui laissent la priorité de passage.
La locomotion à la canne nécessite un apprentissage.
Une canne blanche est une canne de couleur traditionnellement blanche, qu’utilisent certains déficients visuels (aveugles et malvoyants), non seulement comme un moyen de se repérer dans leur environnement spatial et de faciliter leur locomotion en évitant les obstacles, mais aussi, cet objet étant largement reconnu comme un symbole de la cécité, afin d’indiquer leur handicap aux autres personnes, pour qu’elles soient plus vigilantes à leur égard, et éventuellement pour faciliter la communication. En effet, Dans plusieurs pays, lorsqu’un porteur de canne blanche la lève au bord d’un trottoir, les automobilistes sont contraints de s’arrêter pour le laisser passer.
La longueur de la canne dépend non seulement de la taille de son utilisateur (en principe, elle lui arrive au niveau de la poitrine), mais aussi de l’importance donnée à l’une ou l’autre de ses fonctions : ainsi il existe des cannes plus petites, qui sont davantage conçues pour s’identifier auprès des autres, que comme un outil facilitant les déplacements.
Les cannes blanches sont généralement faites de matériaux légers comme de l’aluminium ou du plastique enrichi en fibres, par exemple de carbone ou de verre. Elles sont souvent pliantes ou télescopiques.
Dans plusieurs pays, l’usage de la canne blanche est réglementé. Il existe différents types de canne blanche :
La canne d’identification
Elle montre clairement que son propriétaire a un handicap visuel. Les automobilistes et les piétons lui prêteront alors davantage d’attention.
La canne d’appui
Elle est utilisée quand la personne handicapée visuelle a besoin d’un appui dans ses déplacements. La canne blanche d’appui lui permet aussi d’être identifiée.

Les associations d’aide aux personnes aveugles et malvoyantes sont tenues de s’assurer que la personne qui introduit une demande de canne blanche remplisse les conditions d’octroi et que l’usage de la canne blanche soit respecté et conforme à la législation du pays.


IV. SESSION 3
Sortir, sortir de chez soi, sortir dans son jardin, Sortir dans son quartier, utiliser les transports.

OBJECTIF A TERME : Convier les participants à utiliser les techniques de la locomotion dans leurs déplacements.

Utiliser la canne blanche est un passeport pour la vie. Loin d’être un objet de honte comme bon nombres de déficients visuels le pensent, La canne est l’une des aides les plus précieuses du déficient visuel. Elle permet d’être vue par les autres et de préserver la sécurité de l’aveugle et du malvoyant.
La canne est le signe extérieur qui différentie le déficient visuel des autres et leur signale qu’ils doivent porter une attention particulière aux déficients visuels
Dans les lieux publics.
Lorsqu’on perd la vue, tout est à réapprendre ; il y a un si grand nombre de gestes, d’actions et de déplacements à accomplir dans la vie quotidienne.
La concentration doit être la règle fondamentale pour tout ce que l’aveugle fait, y compris pour l’évolution dans l’espace. L’habitude aidant, il acquerra rapidement de l’aisance chez lui mais à l’extérieur il lui faut rester très vigilant à chaque geste et à chaque instant. Dans un environnement inconnu, dans un autre quartier que le sien, chez des amis, il doit demeurer bien concentré pour trouver de nouveaux repères ; car l’absence de repère dans l’espace favorise en outre la perte d’équilibre. Il est donc important de toujours conserver un contact physique, avec un point de repère immédiat dans l’espace, un meuble, un mur. Pour cela, il doit s’aidez de tout son corps ; les épaules, les coudes, les genoux, le dos. Cela lui permettra, surtout au début, d’apprendre à évoluer dans l’espace.
Avec une bonne écoute de son corps, l’aveugle peut utiliser au maximum, l’espace et le temps.

V. SCHEMA PEDAGOGIQUE DE L’ATELIER DE FORMATION SUR LES PERSONNES A MOBILITE REDUITE AVEC ORAMB2001

Programme : Lundi 19 décembre 2011 Jour 1

Programme : Mardi 20 décembre 2011 Jour 2

Programme : mercredi 21 décembre 2011 Jour 3

Programme : Jeudi 22décembre 2011 Jour 4

2 commentaires pour “ATELIER DE FORMATION SUR LES PERSONNES A MOBILITE REDUITE DES MEMBRES DE L’ONG ORAMB2001

    1. Charbel Kouakou Auteur du post

      Oui je trouve les informations très intéressantes.


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